La Galerie

La terre et l’éther

Elle peint des paysages et elle sculpte des personnages.
Nulle frontière entre les deux : l’humain habite la nature et la nature habite
l’humain.
Faire corps avec le vivant…
Isabelle peint des horizons sans limite, des étendues de terre et d’eau brouillées de
brumes, et des ciels mouvants traversés de nuées.
Isabelle sculpte aussi des personnages recroquevillés sur eux-mêmes, et qui
semblent se fondre à demi dans le bloc de matière sur lequel ils reposent. Elle pétrit
ces créatures comme des golems, mêlant à la cire d’abeille terres et végétaux
récoltés au gré de la marche.
Nature cueillie et humains recueillis…
Tout est toujours à naître : fœtus, chrysalides, nids, essaims, formes à peine
ébauchées, graines qui poussent en secret, corps qui germent.
L’ancrage au sol et l’âme au ciel : la terre et l’éther…
Parfois atterrée, parfois éthérée, la pensée est la vapeur même dans laquelle
baignent les paysages d’Isabelle.

Jean-Louis

Isabelle Valfort

Marie Laure Teisseire

Les contrastes, la dualité, l’ambivalence, sont les thèmes explorés dans mes créations. J’aime expérimenter le mélange des matières (bois, pierre, métal), de techniques (sculpture, calligraphie, dessin, photographie, peinture, inclusions, superpositions).

​Mon goût pour la création et l’artistique s’affirme très tôt. Le dessin, la peinture, mes cahiers couverts d’esquisses, je rêvais d’aller apprendre les métiers d’arts à l’Ecole Boule. Mais la vie en a décidé autrement. Après des études de pharmacie, puis d’écotoxicologie, j’ai travaillé à déterminer les effets des produits chimiques sur l’environnement. En 2001, je suis initiée à la sculpture par Jean Barral Baron, artiste sculpteur du territoire isérois. Un peu plus tard je découvre la calligraphie latine et contemporaine auprès de Marine Porte de Sainte Marie, calligraphe en Savoie. Le zentangle, la photo, le dessin viennent compléter ma palette d’activités artistiques. J’aime aussi travailler avec les faiblesses des matériaux pour rendre mes œuvres plus fortes, me défaire des parties fragilisées pour sublimer ce qu’il reste. C’est aussi rendre hommage à la nature et à mon œuvre propre. Il y a donc toujours une part d’imprévu et de surprise dans mon processus créatif… En 2024, je décide de créer à plein temps.

Christophe Perdreau

Je suis attiré par le portrait et j’aime peindre les personnes et ce qui les
caractérise, leurs expressions et leurs sentiments, ce que peut révéler une
posture, la gravité et l’intériorité d’un regard ou d’une attitude.
Le métissage et la différence sont au cœur de ma pratique artistique,
l’intégration dans le portrait de ce qui fait la culture et l’environnement du
sujet m’intéresse particulièrement.
Les supports en métal et en aluminium par leur capacité à être travaillés à
même la matière (gravure, rayures, vieillissement et oxydation…), renforcent
l’expressivité du sujet et apportent une dimension esthétique et émotionnelle
nouvelles.

Marie Laure TEISSEIRE / Christophe PERDREAU

Trois artistes se penchent sur la question de l’intimité. En partant d’une approche extérieure, nous cheminons au travers de sensations de plus en plus impalpables, indicibles et mouvantes. Nous explorons les espaces de l’intime et leurs limites dans nos intériorités : le corps, les organes, le sexe, l’enfance, les rêves, les journaux intimes, les réminiscences tactiles..

Peut-on parler de l’intime ? Le dévoiler ? Le montrer ?

Où réside l’intimité pour chacune d’entre nous ?

La pratique artistique n’est -elle pas elle-même de l’ordre de l’intime ?

Barbara Fougnon – Trois portraits

A travers ces portraits je souhaite donner place au corps des femmes d’âge mûr, si souvent invisibilisées dans notre culture. Porter le regard sur leur réalité, leurs ressentis, leur force de vie.

Claudine Meyer – sculptures textiles

Dans ces sculptures textiles, le drap représente un espace d’intimité. Le corps en est absent. Ne reste que des mots brodés, des silences, des traces d’intime que je veux bien montrer.

Véronique Soriano – Peinture et objets

De mon côté, je suis allée du côté des Filles de l’ogre sans bien savoir pourquoi. J’y ai trouvé et retrouvé des sensations tactiles très anciennes, une émotion d’enfance. Alors j’ai exploré « intimité(e)s » auprès d’hommes, de femmes dans une sorte d’enquête illustrée, comme un petit journal. Puis auprès de moi- même dans une série de carrés 20×20.

L’intimité qui pour moi évoquait au début de notre travail la sexualité (peintures sur papier 65×50) m’a conduite de plus en plus vers moi même : intimité/féminité, intimité ultime de la mort, intimité qui se dessine et ne se dit pas…

INTIMITÉ(E)S

Eleonora BURRY, Jean WELTER et Virginia ALFONSO

Ma proposition esthétique s’articule autour d’un discours poétique influencé profondément par la réminiscence infantile. Une activation de mes souvenirs qui permet tout en douceur de reconstituer mon passé. Une photo de ma grand-mère petite fille, mon grand-père en culottes courtes, mes parents enfants, ma sœur et moi dans les jeux d’enfants du square de mon quartier ou parcs de la ville.

La série « El cuidado del jardin » nait de l’importance primordiale de garder et soigner les jardins, pas seulement pour leur apport de vie, d’oxygène, de renouvellement cyclique, mais comme métaphore de l’intime, du quotidien familial. Un refuge qui touche au sacré.

Eleonora Burry

Jean Welter

Virginia Alfonso Calace

L’EXPO de l’ÉTÉ

Sculptures de Ch.Madies

« Je travaille depuis plus de trente ans en Italie, à Pietrasanta près de Carrare et ses carrières de marbre.

C’est un lieu magique pour les sculpteurs, avec une tradition du travail du marbre vieille de deux mille ans. Non seulement le marbre, mais aussi une grande variété de pierres sont débitées et travaillées à cet endroit.

J’ai voulu utiliser des pierres de couleurs différentes pour façonner les petites sculptures sur le thème qui m’est cher, celui de la fluidité: sculpter ce matériau lourd, compact et dense qu’est la pierre de sorte qu’elle devienne légère, comme liquide, animée d’ondes qui parfois laissent transparaître la lumière.

 » Tout vient à moi, m’enserre et se fait pierre »

Ce vers de Rainer Maria Rilke m’avait frappé. Il évoque pour moi un processus de pétrification, un amenuisement de l’être face aux épreuves de la vie.

On oublie qu’il existe différents états de la matière et qu’elle peut passer de l’un à l’autre, du solide au liquide par exemple.

La pierre elle-même, en apparence statique et immuable, peut devenir fluide lorsqu’elle est soumise à des températures extrêmes.

Sculpter pour moi c’est tenter de décrire cette transmutation. Donner à la pierre et retrouver à travers ce travail de la souplesse, de la douceur, de la légèreté. Se dégager de sa gangue. Se mettre en mouvement. »

Collages de C. Basset

Il y a quelque chose qui pointe. Qui dérange la surface. Un déplacement. Un gonflement.

Des images de Catherine Basset ou de la pierre de Christine Madies, quelque chose veut sortir.

Cela prend souvent des formes voutées. Tout juste entre contrainte et débordement.

On y voit des transparences, des superpositions. Des couches, des densités.

Catherine Basset, lignée surréaliste, dérange les images, y compris celles prises par son père René, étendues à d’autres mondes. Lyonnaise, biologiste de formation, elle a pris longtemps les cours du soir de l’Ecole des Beaux-Arts. Certainement fouillé dans les tiroirs de son papa. Et puis, depuis la marge, elle s’est petit à petit faite dévorée, trouvant son propre langage entre macro et micro, entre l’objectif et l’échappé. Détourant les archives, recoupant les motifs, elle se fait en collant l’ethnologue de contrées entrevues.

Christine Madies, fait, elle, d’un geste franc, des trésors de souplesse. Elle compose des ondes avec les roches de la région de Carrare, qu’elle habite depuis plus de 30 ans. Un coup dans la masse, déjà disparue. Le marbre devient liquide. Du bout des doigts, sa surface caressante renouvelle 2000 ans d’invitation. A toucher, à sentir, à envelopper. A mesurer toutes les possibilités plastiques et sensuelles offertes par un matériel si exigeant. Elle fût assistante sociale mais c’est maintenant tout ce qui l’occupe : extraire le léger du dense, sortir du marbre l’expression.

Heidi Rafier

« Pénombre et Lueurs » de Christine MADIES et Catherine BASSET

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